Méthodes

Notre façon de travailler les jardins provient d’observations, de lectures, d’expériences, et d’essais.
Dans le monde du travail de la terre, on parle souvent d’itinéraire technique pour désigner une façon de procéder permettant d’arriver à un résultat donné.
Il existe de nombreux itinéraires techniques en fonction de ce que l’on cultive, mais aussi en fonction de connaissances et choix personnels.
Nous décrivons ici quelques uns de nos choix. Ils évolueront avec le temps, au fur et à mesure de nouvelles connaissances tant pratiques que théoriques.

Considérer le temps
Le premier principe pour un beau jardin est de savoir attendre. Inutile de tirer sur une pousse de blé pour accélérer sa croissance. Il faut des années pour avoir un jardin à maturité.
Dans la conception d’un jardin et même dans son entretien, nous nous projetons des années plus tard, lorsqu’il s’agit de conseiller, choisir une plante ou même la tailler.
Considérer la plante dans sa maturité est un élément majeur de nos choix paysagers.

Respecter l’espace
N’importe quel être vivant a besoin d’un espace donné pour s’épanouir pleinement. On ne peut contraindre indéfiniment le vivant, ou la contrainte devient coût, coût en temps, en énergie et en monnaie. Nous chercherons à proposer des plantes dont les proportions à maturité s’inscriront de façon harmonieuse dans l’espace attribué. L’idée est donc de planter des végétaux qui ne nécessiteront pas une taille sévère régulière, parce que plantés « trop près » ou « trop serrés ».

Couvrir la terre
Dans la nature, la terre n’est jamais nue.
Sinon c’est le désert, et avant l’apparition des plantes, c’était la roche.
La couverture de la terre c’est un peu comme l’alimentation dans une maison. S’il y a de bons petits plats, la maison sera accueillante et chacun y séjournera avec plaisir. Si le sol est nu, alors les milliers d’organismes, grâce à qui le sol est vivant, mourront. Mais si le sol abonde de matières organiques en surface alors les organismes enrichiront la terre qui sera fertile.
Que ce soit pour les jardins fleuris ou les jardins potagers, nos pratiques nous amènent à toujours couvrir le sol. Cela se fera par de généreuses couvertures de broyat, de bois raméal fragmenté (BRF), de compost, de branchages, de feuilles, ou tout matériau naturel.

N’enlever que le nécessaire
La biomasse est le cadeau des plantes. Bien souvent, on taille et on évacue, privant le sol de ce qui va lui permettre de se recycler. Ce que certains considèrent comme des déchets est de l’or pour d’autres. Les premiers apportent à grand frais à la déchèterie les résidus de taille, de tonte, que les deuxièmes vont transformer en terreau, que les premiers achèteront à grands frais.
Alors qu’il suffit de laisser sur place cette matière première gratuite et enrichissante.
Nous essayons donc, dans la mesure du raisonnable propre à chaque jardin, d’enrichir la terre en ne la privant pas de ce qu’elle a produit. Comment ? les graminées taillées sur place font office de paillage dans les plates-bandes ; les ronciers broyés sont transformés en excellent paillis pour les arbres fruitiers, les branches taillées servent de cabanes aux hérissons lesquels sont bien utiles pour limiter les limaces au potager.

Voici les premières idées qui me viennent en écrivant ces lignes. Il y en a d’autres, nombreuses, et peut-être vous en partagerai d’autres lorsque je sortirai les mains de la terre.